Cashback en magasin : ce dispositif méconnu qui va permettre de retirer plus d’espèces en caisse

Face au recul du nombre de distributeurs automatiques dans certaines communes, un dispositif encore peu utilisé pourrait bientôt monter en puissance : le cashback en magasin. Ce service, qui permet de récupérer des espèces directement en caisse au moment d'un paiement par carte, pourrait voir son plafond relevé et son accès élargi à l'ensemble des porteurs de carte bancaire, quelle que soit leur banque.

Un dispositif qui existe depuis 2018, mais reste confidentiel

Le cashback commerçant a été introduit par la loi du 3 août 2018 et précisé par un décret du 24 décembre de la même année. Concrètement, un client réglant ses achats par carte bancaire peut demander à recevoir un peu d'argent liquide en plus du montant de son panier : le commerçant encaisse la somme totale par carte et rend la différence en billets ou en pièces. Le dispositif impose aujourd'hui un achat minimum d'un euro et un retrait plafonné à 60 euros, le point de vente devant afficher clairement, près de la caisse ou du terminal de paiement, qu'il propose ce service.

Malgré ce cadre légal ancien, le cashback reste très peu connu du grand public et peu proposé par les commerçants eux-mêmes, faute de communication sur le dispositif.

Un plafond bientôt porté à 150 euros ?

La donne pourrait changer prochainement. Une proposition de loi examinée à l'Assemblée nationale prévoit de relever le plafond de retrait de 60 à 150 euros, et d'instaurer une incitation fiscale pour les commerçants qui acceptent de jouer ce rôle de point de retrait de proximité. L'objectif affiché est de compenser la fermeture progressive de distributeurs automatiques dans les zones rurales et périurbaines.

Parallèlement, le GIE Cartes Bancaires, avec l'appui de la Banque de France, travaille à étendre ce service à l'ensemble des détenteurs de cartes bancaires, indépendamment de leur établissement d'origine. Une expérimentation doit être menée en s'appuyant sur des points relais existants, notamment ceux de La Banque Postale et du Crédit Agricole. Deux formules sont distinguées : le cashback classique, lié à un achat, et le « cash-in-shop », qui autoriserait un retrait au comptoir sans obligation d'achat dans certains points partenaires.

  • Achat minimum actuel : 1 euro ;
  • Plafond de retrait actuel : 60 euros, porté à 150 euros si la réforme aboutit ;
  • Affichage obligatoire du service en caisse ;
  • Extension prévue à tous les porteurs de carte bancaire, toutes banques confondues.

Pourquoi ce sujet concerne directement les consommateurs

Pour les habitants de zones où les distributeurs se raréfient, ce type de solution représente une alternative concrète pour accéder à des espèces sans faire de détour. C'est aussi un sujet qui rejoint les préoccupations de vie pratique au quotidien : gagner du temps, éviter les frais bancaires liés aux retraits hors réseau, et mieux comprendre les services parfois méconnus proposés par sa carte ou par les commerçants de proximité.

Le sujet s'inscrit également dans les évolutions plus larges du secteur de la banque et du crédit, où les établissements cherchent à multiplier les points d'accès aux espèces sans multiplier les distributeurs, coûteux à entretenir. Plusieurs guides pratiques et conseils devraient d'ailleurs se multiplier dans les prochains mois pour accompagner cette montée en puissance annoncée du dispositif.

Questions fréquentes

Le cashback en magasin est-il payant pour le client ?

Non, le retrait d'espèces via le cashback commerçant ne peut faire l'objet d'aucun frais facturé au client par le commerçant dans le cadre réglementaire actuel.

Tous les commerces proposent-ils le cashback ?

Non, ce service reste facultatif pour le commerçant, qui doit néanmoins l'afficher clairement s'il le propose. Sa faible notoriété explique en partie sa diffusion encore limitée.

Quelle est la différence entre le cashback et le cash-in-shop ?

Le cashback classique nécessite un achat pour obtenir des espèces en caisse, tandis que le cash-in-shop, en cours d'expérimentation, viserait à autoriser un retrait au comptoir sans obligation d'achat dans certains points partenaires.

Sources

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Jeanne Talleau
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