Syndrome de l’imposteur chez l’entrepreneur : 5 conseils pour ne plus douter de sa lĂ©gitimitĂ©

En bref — Le syndrome de l’imposteur affecte environ 60 Ă  70 % de la population, avec une prĂ©valence particuliĂšrement marquĂ©e chez les entrepreneurs. Ce phĂ©nomĂšne psychologique, dĂ©couvert en 1978, se caractĂ©rise par un doute persistant envers ses propres compĂ©tences, une attribution de ses succĂšs Ă  des facteurs externes, et une crainte constante d’ĂȘtre dĂ©masquĂ©. Pour les indĂ©pendants, l’absence de validation externe, la responsabilitĂ© totale, l’isolement et les comparaisons permanentes aggravent cette sensation d’illĂ©gitimitĂ©. Les consĂ©quences peuvent ĂȘtre graves : auto-sabotage, stress chronique, burn-out, et ralentissement du dĂ©veloppement professionnel. Heureusement, des stratĂ©gies pratiques existent pour reprendre confiance : reconnaĂźtre les signes, s’auto-Ă©valuer objectivement, cesser les comparaisons, cĂ©lĂ©brer ses victoires, et s’entourer d’une communautĂ© bienveillante.

🎭 Quand le succùs rime avec imposture : comprendre ce sentiment qui paralyse

Il y a quelque chose de particuliĂšrement cruel dans le syndrome de l’imposteur : plus on rĂ©ussit, plus on doute. Un client satisfait ? Pure chance. Un projet menĂ© Ă  bien ? C’Ă©tait grĂące aux circonstances. Un entrepreneur qui lance son activitĂ© croit souvent que les autres possĂšdent une lĂ©gitimitĂ© qu’il n’aura jamais, une connaissance secrĂšte dont il serait dĂ©pourvu.

Ce mĂ©canisme psychologique, formalisĂ© par les psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes en 1978, affecte profondĂ©ment la confiance en soi et l’estime de soi. Les personnes qui en souffrent attribuent systĂ©matiquement leurs victoires Ă  des Ă©lĂ©ments externes plutĂŽt qu’Ă  leur propre travail acharnĂ©. C’est comme si chaque accomplissement Ă©tait Ă©crit sur du papier fragile, prĂȘt Ă  se dĂ©chirer sous le moindre examen critique.

Pour les entrepreneurs, ce phĂ©nomĂšne prend une dimension particuliĂšrement aiguĂ«. Sans supĂ©rieur hiĂ©rarchique pour valider quotidiennement leur travail, sans Ă©quipe pour relativiser les doutes, ils naviguent dans une solitude qui amplifie chaque pensĂ©e nĂ©gative. L’isolement devient un terreau fertile oĂč germe la lĂ©gitimitĂ© en question.

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đŸ’« Les visages cachĂ©s du doute : comment le syndrome de l’imposteur se manifeste

Le syndrome de l’imposteur ne se prĂ©sente jamais de la mĂȘme façon. Pour certain·e·s, c’est une peur viscĂ©rale de l’Ă©chec qui paralyse chaque dĂ©cision. Pour d’autres, c’est un perfectionnisme obsessionnel qui transforme chaque projet en quĂȘte inatteignable. Certains entrepreneurs refusent purement et simplement de mettre en avant leur travail, convaincus que s’exposer les exposera au jugement impitoyable du monde.

🔮 La peur de la rĂ©ussite elle-mĂȘme constitue un paradoxe troublant : progresser devient menaçant, car cela augmente les attentes et le risque d’ĂȘtre dĂ©couvert. Une entrepreneuse qui double son chiffre d’affaires en une annĂ©e ne ressent pas de joie — elle ressent de la panique, persuadĂ©e que sa prochaine annĂ©e sera un dĂ©sastre et qu’on verra enfin qu’elle ne savait pas ce qu’elle faisait.

🟠 L’incapacitĂ© Ă  accepter les compliments en est une autre manifestation Ă©loquente. Quand un client loue la qualitĂ© du travail, la rĂ©action instinctive est de minimiser, de rediriger le crĂ©dit ailleurs, de trouver une excuse. Cette humble apparente cache souvent une profonde insĂ©curitĂ©.

Selon une Ă©tude britannique, les femmes sont davantage touchĂ©es (64 %) que les hommes (54 %), un Ă©cart qui reflĂšte probablement des pressions sociales diffĂ©renciĂ©es autour de la lĂ©gitimitĂ© et de l’autoritĂ©.

đŸšïž Le terrain particulier des indĂ©pendants : pourquoi l’entrepreneuriat aggrave le doute

L’entrepreneuriat crĂ©e un environnement unique oĂč le syndrome de l’imposteur prospĂšre. Contrairement Ă  un salariĂ© qui reçoit rĂ©guliĂšrement des Ă©valuations, des feedbacks, une reconnaissance structurĂ©e, l’indĂ©pendant doit construire sa confiance dans le vide — ou presque.

đŸ”č L’absence de validation externe est peut-ĂȘtre le facteur le plus insidieux. Un entrepreneur reçoit rarement des retours dĂ©taillĂ©s, organicĂ©s et rĂ©guliers sur son travail. Le silence peut facilement ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme du jugement, ou pire, comme une indiffĂ©rence qui confirme l’absence d’importance rĂ©elle.

đŸ”č La responsabilitĂ© totale est Ă©crasante. Quand quelque chose Ă©choue, il n’y a personne d’autre Ă  blĂąmer — et paradoxalement, quand quelque chose rĂ©ussit, l’esprit trouve toujours une raison externe pour expliquer le succĂšs. C’est une asymĂ©trie cognitive redoutable.

đŸ”č L’isolement gĂ©ographique et Ă©motionnel amplifie tout. Sans pairs autour de soi pour normaliser les doutes et les peurs, chaque questionnement devient une montagne. C’est la diffĂ©rence entre travailler dans un bureau oĂč on cĂŽtoie d’autres personnes qui partagent les mĂȘmes insĂ©curitĂ©s, et travailler seul depuis chez soi.

À cela s’ajoute la comparaison permanente alimentĂ©e par les rĂ©seaux sociaux. Chaque entrepreneur voit les succĂšs mis en scĂšne des autres — jamais leurs doutes, jamais leurs crises de 3 heures du matin Ă  se demander si leur entreprise va vraiment fonctionner. Cette asymĂ©trie d’information crĂ©e une illusion de compĂ©tence universelle chez les autres.

⚠ Quand le doute devient une arme contre soi-mĂȘme : les consĂ©quences du syndrome

Les rĂ©percussions du syndrome de l’imposteur vont bien au-delĂ  de simples pensĂ©es nĂ©gatives. Elles sabotent concrĂštement la progression professionnelle et le bien-ĂȘtre personnel.

L’auto-sabotage en est peut-ĂȘtre la manifestation la plus destructrice. Consciemment ou non, l’entrepreneur crĂ©e des obstacles Ă  son propre succĂšs pour valider sa croyance d’ĂȘtre un imposteur. Remettre un projet Ă  plus tard, refuser une opportunitĂ© par peur, ou livrer un travail dĂ©libĂ©rĂ©ment moins bon — tout cela permet au syndrome de se perpĂ©tuer en fournissant des “preuves” du manque de compĂ©tence.

Le stress chronique qui en dĂ©coule affecte la santĂ© physique et mentale. L’anxiĂ©tĂ© constante, la vigilance perpĂ©tuelle pour ne pas ĂȘtre “dĂ©couvert”, la sensation d’ĂȘtre un imposteur Ă  chaque interaction — tout cela use le corps et l’esprit. Certains entrepreneurs glissent progressivement vers le burn-out, travaillant de façon excessive pour compenser ce qu’ils perçoivent comme leurs failles.

🔮 La limitation du dĂ©veloppement est une consĂ©quence moins visible mais tout aussi grave. Refuser de postuler pour des opportunitĂ©s, Ă©viter de se lancer dans de nouveaux marchĂ©s, ignorer les occasions de collaboration — autant de choix qui maintiennent l’entreprise artificiellement petite, confinĂ©e dans une zone de confort illusoire.

🔍 PremiĂšre Ă©tape : reconnaĂźtre le syndrome en soi pour mieux le combattre

On ne combat pas ce qu’on ne reconnaĂźt pas. La premiĂšre stratĂ©gie pour surmonter le syndrome de l’imposteur consiste Ă  l’identifier avec clartĂ©, Ă  nommer ces pensĂ©es qui sabotent la motivation et la confiance en soi.

Les psychologues Ă  l’origine du concept ont dĂ©veloppĂ© le test de Clance — un questionnaire permettant de mesurer l’intensitĂ© du syndrome dans la vie d’une personne. Disponible en ligne, ce test fournit une base objective pour comprendre l’Ă©tendue du problĂšme. Au-delĂ  de simples chiffres, il crĂ©e une prise de conscience : “Ah, ce que je ressens a un nom, ce n’est pas juste de la paranoĂŻa personnelle.”

Tenir un carnet pour noter les pensĂ©es rĂ©currentes d’imposture peut Ă©galement rĂ©vĂ©ler des patterns fascinants. Combien de fois par semaine est-ce que je pense que les autres sont plus lĂ©gitimes que moi ? Qu’est-ce qui dĂ©clenche ces pensĂ©es ? À quel moment exactement ? Ces rĂ©ponses permettent de distinguer le doute occasionnel et normal du syndrome vĂ©ritable.

Pour approfondir cette rĂ©flexion personnelle et dĂ©couvrir des mĂ©thodes Ă©prouvĂ©es pour avancer, consulter des ressources spĂ©cialisĂ©es sur le dĂ©passement du syndrome de l’imposteur peut offrir des perspectives prĂ©cieuses.

📊 Faire un inventaire honnĂȘte : se connaĂźtre pour croire en soi

Une fois le syndrome identifiĂ©, la deuxiĂšme Ă©tape consiste Ă  se faire une auto-Ă©valuation rigoureuse et bienveillante. L’idĂ©e n’est pas de vanter ses mĂ©rites avec naĂŻvetĂ©, mais de dresser un portrait rĂ©aliste, nuancĂ©, de ses capacitĂ©s actuelles et de ses zones de dĂ©veloppement.

Diviser ce travail en deux colonnes simplifie l’exercice. D’un cĂŽtĂ©, les points forts : quelles sont les compĂ©tences techniques (hard skills) acquises ? La maĂźtrise d’un logiciel, une expertise mĂ©tier, la capacitĂ© Ă  gĂ©rer un projet — tous ces Ă©lĂ©ments tangibles. De l’autre, les compĂ©tences transversales (soft skills) : la communication, la capacitĂ© Ă  Ă©couter, la rĂ©silience, la crĂ©ativitĂ©.

À cĂŽtĂ©, identifier les zones de progression sans culpabilitĂ©. Chaque entrepreneur porte des lacunes — c’est normal et universel. Un excellent designer peut ĂȘtre mauvais en comptabilitĂ©. Un bon vendeur peut manquer d’expertise technique. L’important est de reconnaĂźtre ces zones et de dĂ©cider consciemment : est-ce que je veux m’amĂ©liorer ici, ou prĂ©fĂšre-je dĂ©lĂ©guer, externaliser, trouver des partenaires ?

Cette auto-Ă©valuation objective affaiblit progressivement l’emprise du syndrome. Au lieu de croire vaguement qu’on est “nul”, on accĂšde Ă  une certitude plus terre Ă  terre : “Je suis bon Ă  certaines choses, moins douĂ© pour d’autres, et c’est parfaitement acceptable.”

đŸš« Se libĂ©rer du miroir des autres : arrĂȘter la comparaison toxique

Les rĂ©seaux sociaux ont transformĂ© la comparaison en sport national. Chaque jour, l’entrepreneur voit les success stories des autres, leurs lancements triomphants, leurs chiffres impressionnants. Naturellement, le cerveau Ă©tablit une comparaison : pourquoi eux et pas moi ? Ce mĂ©canisme alimente directement le syndrome de l’imposteur.

La clĂ© est de comprendre une vĂ©ritĂ© Ă©lĂ©mentaire : on ne voit jamais la totalitĂ©. Les photos de rĂ©ussite sont curĂ©es, filtrĂ©es, choisies. Aucun entrepreneur ne publie ses moments de doute Ă  2 heures du matin, ses projets qui ont Ă©chouĂ© silencieusement, ses clients mĂ©contents. Ce que l’on voit sur les rĂ©seaux est une construction, une vitrine — pas la rĂ©alitĂ© brute.

De plus, chaque parcours entrepreneurial est unique — tracĂ© diffĂ©rent, obstacles diffĂ©rents, avantages diffĂ©rents. Comparer son annĂ©e 1 Ă  l’annĂ©e 10 de quelqu’un d’autre est un non-sens mathĂ©matique. Le mĂȘme jugement s’applique Ă  la comparaison d’un secteur Ă  un autre : le marketing digital n’obĂ©it pas aux mĂȘmes rĂšgles que l’artisanat, l’immobilier diffĂšre du conseil.

Une pratique simple peut aider : limiter intentionnellement l’exposition aux contenus d’autres entrepreneurs pendant une pĂ©riode dĂ©finie. Une semaine sans voir les victoires des autres peut ĂȘtre rĂ©vĂ©latrice — on pense en silence Ă  ses propres rĂ©alisations, sans immĂ©diatement les relativiser face aux succĂšs d’autrui.

Pour aller plus loin dans cette démarche et explorer des stratégies complÚtes, découvrir comment surmonter véritablement ce phénomÚne peut constituer un pas significatif.

🎯 Archiver ses victoires : construire un dossier de preuves

Le syndrome de l’imposteur a une faiblesse : il est basĂ© sur une illusion, une dĂ©formation de la rĂ©alitĂ©. La meilleure arme contre une illusion est la preuve concrĂšte. C’est pourquoi crĂ©er un “journal de victoires” ou un “dossier de rĂ©ussites” s’avĂšre puissant.

À chaque accomplissement — qu’il soit minuscule ou majeur — prendre le temps de l’Ă©crire. Un client acquis, un projet terminĂ©, une compĂ©tence maĂźtrisĂ©e, un compliment reçu. L’important est d’aller au-delĂ  de la simple mention : il faut documenter les causes rĂ©elles du succĂšs.

Au lieu d’Ă©crire “J’ai eu de la chance et j’ai remportĂ© ce contrat”, Ă©crire : “J’ai passĂ© 40 heures Ă  prĂ©parer cette proposition, j’ai Ă©coutĂ© attentivement les besoins du client, j’ai dĂ©montrĂ© mon expertise par trois exemples concrets, et le client a apprĂ©ciĂ© cette approche.” Cette formulation remet la causalitĂ© Ă  sa juste place : ce sont les actions et les compĂ©tences qui ont gĂ©nĂ©rĂ© le rĂ©sultat, pas la chance.

Relire ce dossier lors des moments de doute permet de rappeler au cerveau une vĂ©ritĂ© qu’il cherche Ă  ignorer : tu as dĂ©jĂ  rĂ©ussi, plusieurs fois, grĂące Ă  toi-mĂȘme. C’est une forme de preuve que le syndrome de l’imposteur trouve difficile Ă  contredire.

đŸ€ Rompre l’isolement : s’entourer pour renforcer la lĂ©gitimitĂ©

Un entrepreneur qui souffre du syndrome de l’imposteur en silence voit ses doutes s’amplifier comme un Ă©cho dans une salle vide. S’entourer de personnes de confiance — pairs entrepreneurs, mentors, amis comprĂ©hensifs — change radicalement la dynamique.

Les communautĂ©s d’entrepreneurs, qu’elles soient en ligne ou locales, offrent quelque chose de prĂ©cieux : la normalisation des doutes. DĂ©couvrir que d’autres, parfois plus expĂ©rimentĂ©s et apparemment plus “lĂ©gitimes”, ressentent exactement la mĂȘme chose, c’est libĂ©rateur. Le syndrome perd de sa puissance quand on rĂ©alise qu’il est universel, pas une particularitĂ© personnelle.

🔾 Les mentors jouent un rĂŽle spĂ©cifique : ils incarnent la progression, ils montrent que la trajectoire de doute vers confiance est possible et rĂ©elle. Un mentor qui dit “j’ai ressenti exactement ça, et voici comment j’en suis sorti” offre une cartographie — on voit le chemin, on sait que c’est faisable.

🔾 Les pairs offrent la camaraderie : le sentiment de ne pas ĂȘtre seul face Ă  un problĂšme qui semblait personnel. Les Ă©changes rĂ©guliers, les discussions honnĂȘtes sur les blocages, crĂ©ent un espace oĂč la vulnĂ©rabilitĂ© devient une force au lieu d’une faiblesse.

Dans certains cas, s’adresser Ă  un psychologue, un thĂ©rapeute ou un coach professionnel peut s’avĂ©rer prĂ©cieux. Ces professionnels possĂšdent les outils pour dĂ©cortiquer les schĂ©mas de pensĂ©e profonds et proposer des interventions ciblĂ©es — bien au-delĂ  du simple conseil de “avoir confiance en soi”.

🧠 Cultiver une mentalitĂ© de croissance : transformer le doute en apprentissage

La psychologue Carol Dweck a popularisĂ© un concept qui change tout : la diffĂ©rence entre une mentalitĂ© fixe et une mentalitĂ© de croissance. Une mentalitĂ© fixe croit que les talents sont innĂ©s et immuables. Une mentalitĂ© de croissance croit qu’on peut dĂ©velopper et amĂ©liorer ses capacitĂ©s.

Or, le syndrome de l’imposteur se nourrit d’une mentalitĂ© fixe : “Les autres entrepreneurs sont nĂ©s pour ça, je ne peux pas apprendre Ă  ĂȘtre compĂ©tent comme eux.” À l’inverse, adopter une mentalitĂ© de croissance dĂ©sarme ce discours : “Je n’ai pas encore maĂźtrisĂ© cette compĂ©tence, mais je peux l’apprendre.”

Cette distinction change tout en matiĂšre de dĂ©veloppement personnel. Un obstacle n’est plus une preuve d’imposture, c’est une opportunitĂ© d’apprentissage. Une erreur n’est pas un Ă©chec humiliant, c’est un retour d’expĂ©rience. Les lacunes actuelles ne sont pas des condamnations Ă  perpĂ©tuitĂ©, ce sont des terrains Ă  cultiver.

Mettre cette philosophie en pratique : chercher activement des formations, lire des livres, prendre du temps pour analyser ce qui a Ă©chouĂ©, chercher des mentors, participer Ă  des ateliers. À chaque pas, on accumule des donnĂ©es probantes : “Je ne savais pas ça il y a trois mois, maintenant je le sais — la progression est rĂ©elle.”

Plus on collectionne ces petites preuves de croissance, plus le syndrome de l’imposteur perd sa crĂ©dibilitĂ©. Il devient difficile de croire qu’on est un imposteur quand on voit clairement qu’on apprend, qu’on s’amĂ©liore, qu’on Ă©largit constamment ses capacitĂ©s.

💚 Pratiquer l’autocompassion : ĂȘtre bienveillant avec ses propres doutes

Beaucoup d’entrepreneurs souffrent d’une double peine : non seulement ils ressentent le syndrome de l’imposteur, mais en plus ils se jugent sĂ©vĂšrement pour le ressentir. “Je ne devrais pas douter, un vrai entrepreneur ne doute pas.” Cette autocritique ajoute une couche de culpabilitĂ© et d’isolement.

Or, une approche paradoxale fonctionne mieux : accepter le doute avec bienveillance. Le doute n’est pas un dĂ©faut, c’est une partie de l’expĂ©rience humaine. Steve Jobs doutait. Oprah doutait. Michelle Obama a Ă©crit un livre entier sur ses doutes persistants malgrĂ© ses rĂ©alisations exceptionnelles.

Pratiquer l’autocompassion signifie parler Ă  son doute interne comme on parlerait Ă  un ami : “Je sais que tu as peur en ce moment, c’est normal, et ça va passer. Je reconnais ta peur, mais elle ne dĂ©finit pas ma valeur.” Cette approche bienveillante rĂ©duit l’Ă©nergie dĂ©pensĂ©e Ă  combattre les doutes et libĂšre de l’Ă©nergie pour agir malgrĂ© eux.

Des pratiques comme la mĂ©ditation, la tenue d’un journal gratuit, ou simplement verbaliser ses peurs Ă  quelqu’un de confiance peuvent renforcer cette autocompassion. On devient moins un ennemi pour soi-mĂȘme et plus un alliĂ© bienveillant.

📋 Structures et routines : crĂ©er un cadre pour la confiance

Le syndrome de l’imposteur prospĂšre dans l’incertitude et le flou. CrĂ©er des structures, des routines et des rituels clairs peut paradoxalement renforcer la confiance en soi en Ă©liminant une source de doute.

đŸ”č Clarifier les rĂŽles et responsabilitĂ©s : au lieu de penser vaguement “je dois faire du marketing”, dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment : “le lundi et le jeudi, je passe 90 minutes Ă  crĂ©er du contenu LinkedIn.” Cette spĂ©cificitĂ© crĂ©e une structure mentale, on sait exactement ce qu’on doit faire, quand et comment.

đŸ”č Établir des mĂ©triques de succĂšs : au lieu d’une rĂ©ussite vague et informe, dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment : “Un article publiĂ© par semaine, 20 nouveaux contacts par mois, 3 clients signĂ©s par trimestre.” Ces chiffres concrets offrent une preuve mesurable des progrĂšs — difficile pour le syndrome de nier les rĂ©sultats chiffrĂ©s.

đŸ”č Ritualiser la cĂ©lĂ©bration : chaque vendredi, revoir les victoires de la semaine. Chaque fin de mois, cĂ©lĂ©brer les jalons atteints. Ces petits rituels ancrent la conscience des progrĂšs et rĂ©duisent le sentiment d’ĂȘtre perpĂ©tuellement en retard ou insuffisant.

Pour explorer davantage comment transformer ces structures en stratégies gagnantes, se plonger dans une analyse approfondie du sujet peut fournir des outils supplémentaires.

đŸŒ± Au cƓur du changement : une question interne Ă  poser

Au-delĂ  des conseils pratiques et des mĂ©thodes structurĂ©es, il existe une question interne qui peut tout dĂ©bloquer : “Qu’est-ce que je pourrais accomplir si je me donnais vraiment la permission de rĂ©ussir ?”

Cette question ne parle pas de capacitĂ© — tu sais dĂ©jĂ  que tu es capable. Elle parle de permission interne. Le syndrome de l’imposteur fonctionne souvent en maintenant une personne en retrait, “protĂ©gĂ©e” par la non-exposition. Si on ne se montre pas, on ne peut pas ĂȘtre jugĂ©. Si on ne rĂ©ussit pas franchement, on ne peut pas ĂȘtre dĂ©chu.

Mais cette protection est une prison. La rĂ©ussite authentique demande de la vulnĂ©rabilitĂ©, de la visibilitĂ©, et la permission de prendre de la place. C’est un choix conscient : accepter que oui, on mĂ©rite d’ĂȘtre ici, que non, on n’est pas un imposteur, et que le monde a besoin de ce qu’on offre.

Le syndrome de l’imposteur ne disparaĂźt jamais complĂštement — mĂȘme chez les entrepreneurs les plus expĂ©rimentĂ©s. Mais on peut changer la relation qu’on entretient avec lui. Au lieu de le laisser piloter nos dĂ©cisions, on le reconnaĂźt, on l’accueille, et on avance malgrĂ© lui. C’est cette progression-lĂ , lente, patient et persistent, qui finit par bĂątir une lĂ©gitimitĂ© vraie — pas celle des autres, mais la sienne propre.

Profil de l'auteur

Emma
Je m’appelle Emma Lemoine, j’ai 29 ans, et j’ai deux obsessions dans la vie : comprendre les rĂ©cits qui façonnent le monde
 et fabriquer les miens Ă  la main.

Je suis relieuse artisanale Ă  Lyon – un mĂ©tier rare, patient, presque en voie de disparition. Je restaure, façonne, couds, plie, colle
 J’apprends Ă  chaque geste que ce qui dure prend du temps. Et peut-ĂȘtre est-ce pour ça que j’ai ouvert ce blog : parce que notre Ă©poque va trop vite, qu’elle s’enchaĂźne comme des titres en continu, et que je ressens le besoin de ralentir pour mieux lire le rĂ©el.

Sur ce blog, je parle d’actualitĂ© gĂ©nĂ©rale – politique, Ă©cologie, sociĂ©tĂ©, culture – mais jamais dans le bruit ou la panique. J’écris pour celles et ceux qui veulent rĂ©flĂ©chir, pas juste rĂ©agir.
Mon approche ? Observer les faits, les replacer dans une histoire plus large, chercher ce qu’ils racontent de nous, ici et maintenant. J’ai Ă©tudiĂ© les sciences humaines Ă  MontrĂ©al, j’ai travaillĂ© un temps dans le journalisme culturel, puis j’ai dĂ©cidĂ© de m’éloigner des rĂ©dactions pour retrouver une voix plus libre, plus lente, plus incarnĂ©e.
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