Chasse en France : quotas de loups et nouvelles espèces protégées

La saison 2026-2027 apporte plusieurs changements concrets pour les chasseurs, les éleveurs et les défenseurs de la biodiversité. Le quota d'abattage des loups grimpe, deux nouvelles espèces de montagne passent sous protection, et les battues au chamois et au mouflon sont désormais autorisées au niveau national. Un ensemble de décisions qui redessine l'équilibre entre activité cynégétique, défense des troupeaux et préservation de la faune sauvage.

Le plafond d'abattage des loups porté à 21 % de la population

Un arrêté ministériel du 23 février 2026, publié au Journal officiel le lendemain, relève le plafond de destruction des loups à 21 % de l'effectif moyen estimé, contre 19 % la saison précédente. Sur la base du dernier suivi hivernal de l'Office français de la biodiversité, qui recense 1 082 individus sur le territoire, cela autorise l'abattage de 227 loups en 2026. Le texte prévoit même un mécanisme d'escalade : si ce seuil de 21 % est atteint avant la fin de l'année civile, le plafond peut être relevé de deux points supplémentaires, jusqu'à 23 %.

Plusieurs associations de protection de la faune ont annoncé un recours contre cet arrêté, estimant le niveau de destruction incompatible avec le maintien durable de la population. Du côté des éleveurs, cette hausse répond à la pression constante des attaques sur les troupeaux, en particulier dans les zones de montagne où les tensions entre agriculteurs et défenseurs du loup restent vives.

Grand tétras et lagopède alpin : deux espèces désormais protégées

Pour le petit gibier de montagne, la saison introduit un net resserrement des prélèvements. Le grand tétras ne peut plus être chassé, une interdiction fixée pour cinq ans, et le lagopède alpin rejoint lui aussi la liste des espèces protégées. Deux autres espèces restent chassables mais sous un prélèvement maximum autorisé (PMA) fixé au niveau départemental : 50 individus pour le lièvre variable, 20 oiseaux pour la gélinotte des bois. Ces plafonds, décidés fédération par fédération, visent à freiner le déclin de populations déjà fragilisées par le recul de leur habitat naturel.

Chamois et mouflon : la battue autorisée, mais pas partout appliquée

Autre évolution notable : la chasse du chamois et du mouflon en battue est désormais permise au niveau national, alors qu'elle restait jusqu'ici cantonnée à l'approche et à l'affût dans la plupart des massifs. Certaines fédérations départementales, comme celle de l'Isère, ont toutefois choisi de conserver les modes de chasse traditionnels pour ces deux espèces, jugés plus sélectifs en terrain escarpé. Le choix final revient donc à chaque schéma départemental de gestion cynégétique.

Sur le terrain, la pression des dégâts de sangliers

En parallèle de ces arbitrages réglementaires, plusieurs départements font remonter des tensions bien concrètes. En Haute-Vienne comme en Haute-Marne, la multiplication des dégâts causés par les sangliers dans les cultures a mis sous pression la relation entre agriculteurs et chasseurs, chacun renvoyant à l'autre la responsabilité de la régulation. Un rappel que la gestion de la faune sauvage ne se limite pas aux textes publiés au Journal officiel : elle se joue aussi, chaque semaine, dans les champs.

Pour en savoir plus sur les évolutions de cette saison, DirectMag a déjà détaillé le calendrier complet de l'ouverture de la chasse en France et le reclassement du grand tétras et du lagopède alpin en espèces protégées. Côté éleveurs, la pression sanitaire s'ajoute aux tensions sur le gibier, comme le montre notre enquête sur la tuberculose bovine qui pèse sur les exportations françaises.

Plus largement, ces arbitrages s'inscrivent dans les débats sur la cohabitation entre activités rurales et protection de l'environnement, un sujet suivi de près dans notre rubrique agriculture, élevage, chasse & pêche.

Questions fréquentes

Pourquoi le quota d'abattage des loups augmente-t-il cette année ?

L'arrêté du 23 février 2026 relève le plafond à 21 % de l'effectif moyen estimé de loups, contre 19 % auparavant, en réponse à la pression des attaques sur les troupeaux. Sur une population de 1 082 individus, cela autorise l'abattage de 227 loups, avec une possibilité de relever encore ce seuil à 23 % en cours d'année.

Quelles espèces sont nouvellement protégées cette saison ?

Le grand tétras, interdit de chasse pour cinq ans, et le lagopède alpin rejoignent la liste des espèces protégées. Le lièvre variable et la gélinotte des bois restent chassables, mais sous un prélèvement maximum autorisé fixé département par département.

La battue au chamois et au mouflon s'applique-t-elle dans tous les départements ?

Non. La règle nationale autorise désormais la battue pour ces deux espèces, mais chaque fédération départementale peut choisir de conserver l'approche ou l'affût : l'Isère, par exemple, a maintenu ces méthodes traditionnelles jugées plus sélectives en montagne.

Sources

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Jeanne Talleau
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