Troubles psychiques au travail : pourquoi les reconnaissances en maladie professionnelle explosent

En France, la reconnaissance des troubles psychiques comme maladies professionnelles progresse à un rythme inédit. Selon les données officielles de l'Assurance Maladie, 1 805 affections psychiques ont été reconnues au titre des maladies professionnelles en 2024, soit une hausse de 9 % en un an. Un chiffre qui s'ajoute à une tendance de fond : le nombre de ces reconnaissances a doublé depuis 2020, révélant un mal-être professionnel de plus en plus documenté, mais encore difficile à faire valoir devant l'administration.

Une hausse confirmée par les chiffres officiels

D'après l'Assurance Maladie, près de 73 % des affections psychiques reconnues concernent des dépressions liées au travail. À cela s'ajoutent près de 29 000 accidents du travail directement liés à des troubles psychiques chaque année, soit plus de 5 % de l'ensemble des accidents du travail recensés. Le rapport annuel 2025 de l'Assurance Maladie sur les risques professionnels, publié à la rentrée, confirme la poursuite de cette dynamique haussière d'une année sur l'autre, selon les données relayées par plusieurs organisations syndicales.

Cette progression s'inscrit dans un climat plus large : comme le montrait déjà notre article sur la santé mentale au travail, le bien-être déclaré par les salariés progresse sur le papier, mais les tabous autour de la souffrance psychique restent, eux, particulièrement tenaces.

Pourquoi les troubles psychiques progressent au travail

Plusieurs facteurs sont avancés par les spécialistes pour expliquer cette envolée des reconnaissances :

  • Une meilleure identification des troubles psychiques par la médecine du travail et les médecins traitants ;
  • Une intensification du rythme de travail et une porosité croissante entre vie professionnelle et vie personnelle, entretenue notamment par la surexposition aux écrans — un phénomène aussi observé chez les jeunes adultes, où sommeil et santé mentale sont étroitement liés ;
  • Une évolution des mentalités qui pousse davantage de salariés à engager une démarche de reconnaissance plutôt qu'à subir en silence.

Un parcours de reconnaissance encore semé d'embûches

Contrairement aux maladies professionnelles classiques, listées dans des tableaux réglementaires, les troubles psychiques relèvent d'une procédure spécifique. Le dossier du salarié est examiné par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), composé de trois médecins chargés d'établir le lien direct entre la pathologie et les conditions de travail. Une question posée au Sénat sur la reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel a récemment rappelé que le burn-out, en tant que tel, n'est toujours pas inscrit à un tableau de maladies professionnelles, ce qui complique et allonge les démarches pour les salariés concernés.

Autre frein identifié : la sous-déclaration. De nombreux professionnels de santé estiment que les chiffres officiels ne reflètent qu'une partie de la réalité, une partie des salariés touchés renonçant à engager la procédure, par méconnaissance de leurs droits ou par crainte de conséquences sur leur carrière. Un phénomène qui n'est pas sans rappeler les mécanismes d'évitement étudiés en psychologie face à des situations anxiogènes.

Ce que cela change pour les salariés

Pour un salarié qui s'estime concerné, la première étape reste la consultation d'un médecin traitant ou du médecin du travail, seul habilité à établir le certificat médical initial décrivant les symptômes de façon précise et objective. Le dossier est ensuite transmis à la caisse d'assurance maladie, qui saisit le CRRMP si le trouble ne figure pas explicitement dans un tableau. Une reconnaissance en maladie professionnelle ouvre des droits spécifiques en matière de prise en charge et de protection de l'emploi, ce qui explique l'intérêt croissant porté à ce sujet, aussi bien par les salariés que par les services de ressources humaines.

Questions fréquentes

Le burn-out est-il reconnu comme maladie professionnelle en France ?

Non, le burn-out n'est pas inscrit à un tableau réglementaire de maladies professionnelles. Il peut néanmoins être reconnu au cas par cas, hors tableau, après examen par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.

Quelle est la part des dépressions parmi les troubles psychiques reconnus ?

Selon l'Assurance Maladie, environ 73 % des affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles en 2024 concernaient des dépressions liées au travail.

Qui décide de la reconnaissance d'un trouble psychique comme maladie professionnelle ?

C'est le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), composé de trois médecins, qui statue sur le lien entre la pathologie et les conditions de travail, après saisine par la caisse d'assurance maladie.

Sources

Ameli.fr — Affections psychiques d'origine professionnelle
SNJ-CGT — Rapport annuel 2025 de l'Assurance Maladie, risques professionnels
Sénat — Question sur la reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel

Vous souhaitez approfondir le sujet ? Consultez notre rubrique Psychologie et notre rubrique Santé & Médecine.

Profil de l'auteur

Helena
Signature éditoriale de la rédaction de directmag.com — nom de plume assumé de l'équipe du site, et non une personne réelle. Les articles publiés sous cette signature sont rédigés avec l'assistance d'une intelligence artificielle, sous la responsabilité éditoriale du site.
0 / 5

Your page rank:

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Plus d'articles

Derniers Articles

Le site de parrainage à la mode !