Le marché du bricolage se stabilise : ce que cela change pour vos travaux

Le marché du bricolage amorce un tournant en France. Après plusieurs années de recul, la dernière étude du cabinet NielsenIQ, publiée début 2026, dresse un bilan contrasté du secteur bricolage-jardin et esquisse des perspectives plus rassurantes, sans pour autant annoncer un vrai rebond de la consommation. Pour les millions de Français qui rénovent, réparent ou aménagent leur logement, ce ralentissement se traduit déjà par des arbitrages très concrets sur le budget travaux.

Un repli confirmé en 2025

Selon NielsenIQ, le marché combiné du bricolage et du jardin a reculé de 2,7 % en valeur en 2025, pour atteindre 32,5 milliards d'euros. Le bricolage, à lui seul, a perdu 3,2 % à 24,2 milliards d'euros, tandis que le jardinage a mieux résisté avec un repli limité à 1,1 %, à 8,3 milliards d'euros. Une tendance également relayée par une dépêche reprise par plusieurs médias économiques, qui confirme ce recul de 2,7 % sur l'ensemble de l'année.

  • Bricolage : 24,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 (-3,2 %)
  • Jardinage : 8,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 (-1,1 %)
  • Marques de distributeurs : 41,4 % du marché du bricolage (+0,6 point sur un an)
  • Robots tondeuses : +8,4 % de ventes en un an, +66 % en trois ans

Pouvoir d'achat et immobilier en berne

Ce repli s'explique par la conjonction de deux phénomènes bien identifiés par les professionnels du secteur : la contraction du pouvoir d'achat des ménages et le ralentissement du marché immobilier, qui réduit mécaniquement le nombre de projets de rénovation lancés chaque année. De nombreux foyers reportent ou redimensionnent leurs travaux plutôt que de les annuler purement et simplement. C'est aussi ce qui pousse une part grandissante des Français vers des solutions alternatives, comme la location d'outils entre particuliers, plutôt que l'achat d'un équipement neuf pour un usage ponctuel.

Réparer plutôt que remplacer

Cette prudence budgétaire nourrit aussi une tendance de fond : la réparation plutôt que le remplacement pur et simple. Les outils électroportatifs réparables gagnent du terrain auprès de consommateurs soucieux de faire durer leur matériel, à l'image des perceuses ou taille-haies désormais conçus pour être ouverts et dépannés facilement. Les dispositifs de bonus, qui réduisent directement la facture chez un réparateur labellisé, y contribuent : de nombreux ménages découvrent qu'un réflexe de réparation peut sauver leurs outils et leur porte-monnaie plutôt que de racheter un modèle neuf. Un mouvement de fond que l'on retrouve aussi côté électroménager, où la garantie de réparation vient d'être allongée à douze mois.

Un secteur qui mise sur l'extérieur et le raisonnable

Si le bricolage traditionnel souffre, certains segments résistent nettement mieux. Les articles liés à l'aménagement extérieur progressent, portés par les robots tondeuses, les terreaux et les paillages décoratifs, quand l'outillage classique recule plus fortement. Un basculement qui confirme que les Français continuent d'investir dans leur bricolage du quotidien, à condition que la dépense reste raisonnable et l'usage régulier. Les enseignes qui misent sur les marques propres et les gammes d'entrée de prix tirent également mieux leur épingle du jeu que celles restées positionnées sur le haut de gamme.

Vers une stabilisation en 2026

Pour 2026, NielsenIQ n'anticipe pas de reprise franche mais plutôt un « atterrissage à zéro » : le marché du bricolage devrait se rapprocher de l'équilibre sans afficher de vraie croissance. Un scénario partagé par plusieurs analystes du secteur, qui évoquent une phase de stabilisation plus qu'un vrai rebond de la consommation. Pour les particuliers qui envisagent des travaux de dépannage ou de rénovation légère, l'enjeu reste donc d'arbitrer intelligemment entre achat, location et réparation, en gardant un œil sur les aides existantes comme la garantie de réparation étendue à douze mois pour l'électroménager, qui préfigure des évolutions comparables pour d'autres familles de produits.

Questions fréquentes

Pourquoi le marché du bricolage recule-t-il en France ?

La baisse s'explique principalement par la contraction du pouvoir d'achat des ménages et par le ralentissement du marché immobilier, qui limite le nombre de nouveaux projets de rénovation lancés chaque année.

Le marché du bricolage va-t-il repartir à la hausse en 2026 ?

Selon l'étude NielsenIQ, aucun rebond franc n'est attendu pour 2026 : les professionnels du secteur tablent plutôt sur une stabilisation, sans signe de reprise marquée ni de nouvelle dégradation du marché.

Comment les Français adaptent-ils leur budget bricolage ?

Beaucoup reportent certains travaux, se tournent vers la location d'outils entre particuliers ou privilégient la réparation de leur matériel plutôt que son remplacement, notamment grâce aux dispositifs de bonus réparation existants.

Sources

Zepros Habitat — Marché du bricolage et du jardin : bilan 2025 et perspective 2026 (NielsenIQ)

Into the Minds — Étude du marché du bricolage en France : analyse, chiffres et tendances

L'Info Durable (AFP) — Le marché du bricolage et du jardinage en repli de 2,7 % en 2025

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Jeanne Talleau
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