Frelon asiatique : le plan national qui change la méthode de lutte

Après vingt ans de progression continue sur le territoire, la lutte contre le frelon asiatique change de méthode. Un plan national, officiellement adopté en septembre 2026, abandonne l'idée d'une éradication totale pour organiser une stratégie différenciée selon le niveau d'infestation de chaque département, avec un budget exceptionnel de 3 millions d'euros.

Une loi, un décret, un plan national

Le cadre juridique de cette lutte repose sur la loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 et son décret d'application. C'est sur cette base que le plan national de lutte a été lancé en mars 2026, avant d'être officiellement adopté le 16 septembre dernier. Selon les informations relayées par la presse apicole spécialisée, l'innovation majeure de ce plan tient dans la classification des départements en quatre niveaux de densité, chacun appelant une réponse différente plutôt qu'une méthode unique appliquée partout.

Dans les zones encore peu colonisées, la priorité reste la destruction systématique des nids. Dans les zones à densité moyenne ou forte, où l'éradication complète n'est plus jugée réaliste, l'accent est mis sur le piégeage printanier et la protection directe des ruches, par exemple en réduisant le stress des colonies plutôt qu'en multipliant les interventions.

Déclaration obligatoire et nouveaux outils de destruction

Autre changement concret : le signalement d'un nid est désormais obligatoire, et les déclarations sont centralisées sur une plateforme unique gérée par l'Inventaire national du patrimoine naturel. Du côté des méthodes, le plan recommande la pose de muselières à l'entrée des ruches, des restrictions d'accès en octobre, et l'usage de harpes électriques, jugées particulièrement efficaces puisqu'elles permettraient d'éliminer jusqu'à 200 frelons par jour. La pyréthrine naturelle reste privilégiée pour les traitements, tandis que l'usage du dioxyde de soufre est encore à l'étude.

Signe que la recherche progresse également sur le volet scientifique : des travaux ont permis d'identifier un mélange précis de composés qui attire spécifiquement les frelons mâles, ouvrant la voie à un piégeage sélectif par phéromones sexuelles. Une autre piste, baptisée HeatNest, mise sur l'injection de vapeur d'eau pour détruire les nids sans recourir à des produits chimiques.

Pourquoi ce changement de stratégie

  • Vingt ans après son arrivée en France, le frelon asiatique est considéré comme définitivement implanté sur une large partie du territoire ;
  • La destruction systématique de tous les nids, coûteuse et chronophage, n'empêche plus la progression de l'espèce dans les zones déjà fortement colonisées ;
  • Les ruches restent les premières victimes économiques, ce qui explique la place centrale donnée à l'apiculture dans le nouveau plan ;
  • Les retours du terrain ont montré que des méthodes mécaniques comme les harpes électriques limitent le recours aux insecticides, un enjeu suivi de près par les apiculteurs comme par les jardiniers amateurs.

Ce que ça change pour les particuliers

Concrètement, un nid repéré dans un jardin doit désormais être signalé via la plateforme dédiée plutôt que traité au hasard par ses propres moyens : une déclaration mal orientée retarde l'intervention et complique le suivi départemental. Les professionnels de la désinsectisation, déjà sollicités pour d'autres nuisibles du quotidien, devraient voir leur activité réorganisée autour de ces nouveaux protocoles. Les apiculteurs amateurs, de leur côté, sont invités à multiplier les points de surveillance autour de leurs ruches au moment où la pression sur les colonies productrices de pollen et de miel reste la plus forte, en fin de saison.

Cette approche plus fine du risque animalier rejoint une tendance plus large observée en France ces derniers mois, où la gestion des populations animales, qu'il s'agisse d'espèces invasives ou d'animaux domestiques dans des refuges saturés, pousse les pouvoirs publics à sortir des réponses uniformes pour adapter les moyens au terrain.

Questions fréquentes

Que faire si l'on repère un nid de frelons asiatiques ?

Il faut le signaler via la plateforme nationale de déclaration gérée par l'Inventaire national du patrimoine naturel, sans tenter de le détruire soi-même : la destruction d'un nid de frelon asiatique nécessite un équipement et une formation spécifiques.

Pourquoi l'État renonce-t-il à l'éradication totale ?

Vingt ans après son arrivée en France, l'espèce est considérée comme trop largement implantée dans certaines régions pour une éradication complète. Le plan 2026 privilégie donc une gestion différenciée selon le niveau réel d'infestation de chaque département.

Les ruches sont-elles davantage protégées par le nouveau plan ?

Oui : dans les zones les plus touchées, la priorité n'est plus la destruction systématique des nids mais la protection directe des colonies, via des muselières, des restrictions d'accès en octobre et des dispositifs comme les harpes électriques.

Sources

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Elise
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