Collier électrique, étrangleur ou à pointes pour chien : qui est vraiment interdit de l’utiliser ?

Depuis l'été 2025, une rumeur persistante circule chez les propriétaires de chiens : les colliers électriques, étrangleurs et à pointes seraient désormais totalement interdits en France. La réalité, confirmée par le ministère de l'Agriculture à l'été 2026, est plus nuancée : le texte ne vise qu'une catégorie précise d'utilisateurs, et les sanctions diffèrent fortement selon qui tient la laisse.

Ce que dit vraiment l'arrêté du 19 juin 2025

L'arrêté du 19 juin 2025, entré en application le 3 juillet suivant, interdit « l'utilisation et l'enseignement de méthodes et outils de nature à infliger aux animaux des blessures, des souffrances, de la douleur, du stress ou de la peur ». Sont nommément visés les dispositifs piquants, électriques ou étrangleurs sans boucle d'arrêt. Le texte ne distingue pas les races ni les usages : dressage, éducation, anti-aboiement, tout outil coercitif tombe sous le coup de l'interdiction dès qu'il est employé par les publics concernés par le texte.

Professionnels et particuliers : deux régimes bien distincts

C'est le point le plus mal compris de la réforme : l'arrêté s'adresse exclusivement aux professionnels du secteur canin — éleveurs, animaleries, pensions, éducateurs exerçant à titre commercial, toiletteurs, refuges et fourrières. Les particuliers, eux, ne sont pas concernés par ce texte précis. Le ministère de l'Agriculture l'a confirmé par écrit en août 2026, précisant au passage que les chasseurs qui ne pratiquent pas l'élevage sont assimilés à de simples particuliers. Aucune extension de l'interdiction à cette population n'est pour l'heure envisagée, malgré les appels répétés de plusieurs associations de protection animale.

Cette distinction a des conséquences très concrètes pour les éleveurs, pensions et refuges, désormais tenus de revoir entièrement leurs méthodes d'éducation sous peine de perdre leur agrément. Un éducateur canin qui continuerait à proposer des séances avec collier électrique s'expose, lui aussi, aux mêmes poursuites qu'un éleveur en infraction.

Des amendes qui grimpent vite pour les professionnels

Pour un professionnel pris en infraction, l'amende peut atteindre 15 000 euros sur le fondement de l'article L. 215-11 du code rural, assortie d'une possible interdiction d'exercer pouvant courir jusqu'à cinq ans. Une personne morale — une enseigne d'animalerie, par exemple — risque jusqu'à 75 000 euros, soit le quintuple de l'amende individuelle. Un particulier qui maltraite son animal reste, lui, exposé à une contravention de 750 euros maximum pour un simple mauvais traitement, et à une peine pouvant grimper à 3 à 5 ans d'emprisonnement et 45 000 à 75 000 euros d'amende en cas de sévices graves caractérisés — un régime qui relève alors du code pénal général, et non de l'arrêté sur les colliers.

Ce flou entretenu entre les deux régimes explique en grande partie pourquoi tant de propriétaires continuent de confondre interdiction professionnelle et interdiction générale. Il s'inscrit aussi dans une année 2026 particulièrement chargée en nouvelles obligations pour les maîtres, entre le nouveau registre national d'identification et le renforcement des règles de vente en animalerie.

Quelles alternatives pour éduquer son chien ?

Face à cette clarification, les professionnels du comportement canin recommandent désormais sans réserve les méthodes dites positives : renforcement par récompense, clicker training, ou accompagnement par un éducateur formé aux techniques non coercitives. Ces séances, parfois coûteuses lorsqu'elles s'étalent sur plusieurs mois, peuvent dans certains cas être partiellement prises en charge par une mutuelle animaux incluant un forfait prévention ou comportement — un critère à vérifier avant de souscrire, au même titre que le plafond de remboursement vétérinaire.

Questions fréquentes

Un particulier risque-t-il une amende pour un collier électrique ?

Non, pas au titre de l'arrêté du 19 juin 2025, qui ne vise que les professionnels du secteur canin. Un particulier reste toutefois exposé aux sanctions générales de maltraitance animale s'il en fait un usage brutal sur son propre chien.

Les éducateurs canins indépendants sont-ils concernés ?

Oui, dès qu'ils exercent à titre commercial, les éducateurs canins indépendants entrent dans le champ des professionnels visés par l'arrêté, au même titre que les éleveurs, les pensions ou les toiletteurs.

Les chasseurs peuvent-ils encore utiliser ces colliers ?

Le ministère de l'Agriculture a précisé en août 2026 que les chasseurs qui ne pratiquent pas l'élevage sont considérés comme de simples particuliers, donc non soumis à l'arrêté du 19 juin 2025.

Sources

Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal — Santevet — Comdewouf

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Elise
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