Alimentation des Français : ce que révèle le baromètre nutrition de Santé publique France

Cinq portions de fruits et légumes par jour, des féculents complets réguliers, des légumes secs deux fois par semaine : ces repères nutritionnels sont connus depuis des années. Mais un nouveau baromètre de Santé publique France, publié le 3 septembre 2026, montre à quel point l'assiette réelle des Français s'en éloigne — et révèle surtout de fortes inégalités selon l'âge, le sexe et la situation familiale.

Des repères encore loin d'être atteints

L'étude, menée sur un large échantillon d'adultes, dresse un constat sans détour sur l'alimentation en France. Seule une personne sur quatre atteint le repère recommandé d'au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, et une personne sur deux reste considérée comme « petite consommatrice » sur ce plan. Le détail par groupe alimentaire est tout aussi parlant : seuls 22,6 % des adultes respectent les recommandations pour les fruits et légumes, 22,8 % pour les légumes secs, et 28 % pour les féculents complets. Moins de trois personnes sur dix mangent donc des céréales complètes quotidiennement, et à peine deux sur dix consomment des légumineuses de façon régulière.

Des écarts marqués selon le profil

Le baromètre ne se contente pas d'une moyenne nationale : il pointe des inégalités alimentaires très concrètes. Chez les femmes de 18 à 30 ans, seules 11,8 % respectent le repère des cinq fruits et légumes quotidiens. Du côté des pères en situation de monoparentalité, 82 % sont classés petits consommateurs de fruits et légumes. Les foyers modestes et les familles monoparentales dépassent aussi plus souvent le plafond recommandé d'un verre de boisson sucrée par jour : plus d'un tiers des hommes de 18 à 30 ans en boivent quotidiennement plus d'un verre. De façon générale, le non-respect des repères — qu'il s'agisse d'un déficit en fruits et légumes ou d'un excès de boissons sucrées — touche davantage les hommes que les femmes.

Pourquoi ces repères ne sont pas anecdotiques

Ces seuils ne sont pas arbitraires : ils s'appuient sur les recommandations du Programme national nutrition santé, pensées pour limiter les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers. Un déficit régulier en fibres, en légumes secs et en céréales complètes se traduit, à moyen terme, par un risque accru sur ces pathologies chroniques — d'où l'attention portée par les autorités sanitaires aux écarts observés dans certains groupes, en particulier chez les jeunes femmes et les familles à faibles revenus.

Des leviers simples pour se rapprocher des repères

Sans bouleverser ses habitudes, plusieurs ajustements du quotidien permettent de se rapprocher des recommandations et de progresser en matière de forme et bien-être :

  • Ajouter systématiquement un légume à chaque repas principal, cru ou cuit, frais ou surgelé.
  • Remplacer une portion de féculents raffinés par une version complète (pâtes, riz, pain) une à deux fois par semaine pour commencer.
  • Intégrer des légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots) dans un plat familial toutes les semaines — ils sont peu coûteux et se conservent bien.
  • Remplacer les boissons sucrées par de l'eau plate ou pétillante, y compris lors des repas pris hors domicile.
  • Privilégier les fruits entiers plutôt que les jus, pour l'apport en fibres.

Questions fréquentes

Combien de portions de fruits et légumes faut-il manger par jour ?

Le repère national recommande au moins cinq portions par jour, en mélangeant fruits et légumes, frais, surgelés ou en conserve sans sucre ni sel ajoutés.

Pourquoi les légumes secs sont-ils si peu consommés ?

Le baromètre ne détaille pas les causes précises, mais les professionnels de nutrition évoquent souvent un manque d'habitude de cuisson et une image parfois perçue comme peu attractive, alors que les légumineuses sont riches en fibres et en protéines végétales.

Les inégalités alimentaires touchent-elles surtout les revenus modestes ?

Le baromètre montre que les foyers modestes et monoparentaux dépassent plus souvent les seuils recommandés de boissons sucrées, mais les écarts se recoupent aussi avec l'âge et le sexe, notamment chez les jeunes femmes pour les fruits et légumes.

Sources

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Elise
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