Un peu plus de mille euros par an : c'est ce que coûte l'électricité d'un foyer moyen raccordé au réseau Enedis, au tarif réglementé d'aujourd'hui. Derrière cette moyenne, la facture d'électricité varie pourtant presque du simple au double selon le département où l'on habite. Une étude publiée le 25 octobre 2026 par le site Comparons l'énergie permet, pour la première fois, de mettre un montant sur ces écarts, territoire par territoire, et de les rapporter au revenu des habitants. De quoi y voir plus clair dans un poste de dépense que beaucoup de ménages découvrent surtout à la régularisation annuelle.
1 016 € par an : comment se construit la facture type
Le chiffre repose sur un calcul que chacun peut refaire. On prend la consommation moyenne d'un foyer, soit 4 126 kWh en 2025 d'après les données publiques d'Enedis, et on la multiplie par le prix du kWh du Tarif Bleu en option Base pour une puissance de 6 kVA, fixé à 0,2001 € TTC depuis le 1er août 2026. On ajoute l'abonnement annuel, 190,81 €. Le total atteint 1 016 € par an.
Cette décomposition rappelle une réalité souvent oubliée : une facture comporte une part fixe, l'abonnement, que l'on paie même en consommant très peu, et une part variable, proportionnelle aux kilowattheures. Seule la seconde dépend vraiment des habitudes et du logement. C'est aussi elle qui explique que deux foyers soumis au même tarif ne paient pas du tout la même somme, comme le montrait déjà notre décryptage de l'effet des hausses de tarifs sur la facture de gaz et d'électricité.
87 € économisés sans que le prix y soit pour rien
L'étude met en lumière un mouvement de fond. En 2019, le foyer moyen consommait 4 559 kWh ; en 2025, il en est à 4 126 kWh, soit une baisse de 9,5 % en six ans, et de 9,3 % une fois neutralisé l'effet de la météo. Les deux années sont comparables, avec des hivers proches de la normale. Aucun département n'a vu sa consommation par foyer augmenter.
Traduit en euros, ce recul pèse lourd. Avec la grille tarifaire actuelle, consommer autant qu'en 2019 coûterait 1 103 € par an. Les foyers ont donc retiré 87 € de leur facture annuelle par leur seule sobriété, alors que le prix du kWh, lui, suivait le chemin inverse. Autrement dit, sans ces efforts, la hausse des tarifs aurait été ressentie plus durement.
Le chauffage explique l'essentiel du phénomène. La part de la consommation qui dépend de la température est passée de 25,2 % en 2019 à 19,9 % en 2025. Les baisses les plus marquées se trouvent là où le chauffage électrique est le plus répandu, comme dans les Landes (−13,6 %) ou la Haute-Garonne (−13,5 %). Gestes du quotidien, travaux d'isolation, remplacement de vieux convecteurs : c'est le poste chauffage qui a fondu, bien plus que l'éclairage ou les appareils.
551 € d'écart entre deux départements
La carte de la facture d'électricité par département fait apparaître des écarts considérables à tarif identique. Le foyer parisien consomme en moyenne 2 602 kWh, pour une facture type de 711 € ; celui du Tarn-et-Garonne en consomme 5 354, pour 1 262 €. La différence atteint 551 € par an.
| Facture type la plus élevée | € par an | Facture type la plus basse | € par an |
|---|---|---|---|
| Tarn-et-Garonne | 1 262 | Paris | 711 |
| Eure | 1 250 | Hauts-de-Seine | 764 |
| Vaucluse | 1 226 | Val-de-Marne | 808 |
| Loir-et-Cher | 1 205 | Seine-Saint-Denis | 809 |
| Gers | 1 203 | Lozère | 860 |
Ces différences ne disent rien du sérieux des habitants. Elles reflètent surtout le type de logement : un appartement en ville, souvent chauffé au gaz ou par un réseau collectif, consomme beaucoup moins qu'une maison individuelle chauffée à l'électricité. L'étude relève d'ailleurs que les départements où plus de 45 % des foyers vivent en appartement se trouvent tous dans le bas du classement.
Le croisement avec les revenus de l'INSEE ajoute une dimension sociale. Rapportée au niveau de vie médian, la facture type représente 2,1 % à Paris, mais 5,2 % dans le Tarn-et-Garonne et 5,1 % dans le Vaucluse. Il s'agit d'un indicateur de comparaison entre territoires, qui rapporte une facture par foyer à un revenu par unité de consommation, et non de la part réelle du budget d'une famille. Il confirme toutefois une tendance nette : l'électricité pèse davantage là où les revenus sont plus modestes. Pour les ménages concernés, le chèque énergie vient en déduction de la facture.
Se situer par rapport à sa commune
L'outil le plus parlant pour un ménage est le module « Et dans votre commune ? ». Il indique, pour plus de 32 000 communes, la consommation moyenne des foyers en 2025 et en 2019, la facture type correspondante et le rang de la commune. Chaque département dispose aussi de sa fiche, avec ses communes les plus gourmandes et les plus sobres. À titre d'exemple, un foyer consomme en moyenne 3 210 kWh à Marseille, 2 655 à Lyon et 2 679 à Toulouse.
La démarche est simple : comparer sa propre consommation annuelle, inscrite sur la facture ou dans l'espace client, à la moyenne de sa commune. Un écart important vers le haut n'a rien d'anormal dans une grande maison, mais il peut aussi signaler un chauffage vieillissant, un chauffe-eau mal réglé ou des appareils énergivores, un sujet que nous avions abordé à propos de l'électroménager qui alourdit la facture pendant les fortes chaleurs.
Trois leviers entre les mains du foyer
Le tarif réglementé est le même partout, mais plusieurs paramètres dépendent du ménage lui-même :
- L'option tarifaire. L'option Base facture chaque kWh au même prix ; l'option heures creuses n'est intéressante que si une part suffisante de la consommation peut être décalée. Un calcul sur ses propres relevés permet de trancher.
- L'offre. Le tarif réglementé n'est pas la seule possibilité : des offres de marché existent, à comparer sur le prix du kWh, celui de l'abonnement et la durée d'engagement.
- Le chauffage. Là où il est électrique, c'est le premier poste de dépense. Le remplacement de convecteurs par une pompe à chaleur divise la consommation de chauffage par deux à trois, selon l'étude, et le choix d'un système adapté reste décisif, comme le rappelle notre comparaison du chauffage le plus écologique et le plus économique.
Ce que la facture type ne dit pas
Cette facture de référence a ses limites, que l'étude détaille. Elle ne tient compte ni des offres de marché, ni des heures creuses, ni de Tempo, ni des puissances supérieures à 6 kVA. Un « foyer » y désigne un compteur résidentiel actif, résidences secondaires comprises, ce qui fait paraître plus sobres des départements comme la Lozère ou les Hautes-Alpes. La Corse et l'outre-mer sont hors champ, et dix départements où une entreprise locale distribue une partie de l'électricité sont signalés à part. C'est un repère pour comparer, pas le montant exact qu'un ménage recevra.
Questions fréquentes
Combien coûte l'électricité d'un foyer moyen en France ?
Avec la consommation moyenne de 2025, soit 4 126 kWh, et le Tarif Bleu Base 6 kVA du 1er août 2026, la facture type s'élève à 1 016 € par an, abonnement compris.
Pourquoi la facture est-elle plus élevée dans certains départements ?
Parce que la consommation varie fortement : les maisons individuelles chauffées à l'électricité consomment beaucoup plus que les appartements urbains chauffés au gaz ou par réseau de chaleur.
La facture type correspond-elle à ce que je paie ?
Non. C'est une facture de référence fondée sur une consommation moyenne et le tarif réglementé en option Base. La facture réelle dépend de l'offre, de l'option, de la puissance souscrite et de la consommation de chaque foyer.
Sources
- Enedis Open Data, consommation d'électricité par département
- INSEE, Filosofi : niveau de vie médian
- CRE, open data des tarifs réglementés
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