Pendant que le prêt-à-porter peine à retrouver son souffle, un autre secteur de la mode affiche une santé insolente : la bijouterie-joaillerie. Selon une analyse du cabinet McKinsey & Company réalisée pour The Business of Fashion, les ventes de bijoux progressent aujourd'hui près de quatre fois plus vite que celles de l'habillement. En France, la filière confirme cette dynamique avec des chiffres qui dépassent les niveaux d'avant-crise sanitaire.
D'après le comité professionnel Francéclat, la production française d'horlogerie-bijouterie-joaillerie atteint environ 6,6 milliards d'euros, en progression sur un an, tandis que les exportations dépassent les 11 milliards d'euros. Les bijoux précieux expédiés à l'étranger franchissent pour la deuxième année consécutive les niveaux antérieurs à 2020, portés notamment par l'or et le platine. La filière emploie aujourd'hui environ 15 000 personnes en France, un chiffre en légère hausse, avec de nouveaux ateliers qui se développent en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes.
Un secteur qui mise sur la valeur plutôt que le volume
Le paradoxe n'est qu'apparent. Dans un contexte de pouvoir d'achat sous tension, les consommateurs achètent moins mais mieux : une pièce de bijoux en or est perçue comme une valeur refuge autant qu'un objet de style, dans un marché où le cours du métal pèse directement sur les prix affichés en boutique.
Cette logique de valeur se retrouve aussi dans les choix esthétiques de la saison : les designs minimalistes, centrés sur une seule pierre montée sur un métal fin, dominent les collections, aux côtés d'un retour remarqué des broches et bijoux anciens. L'or jaune reste le métal le plus demandé, et les pierres de couleur — émeraude, saphir, rubis — gagnent du terrain face aux diamants classiques.
La traçabilité, nouvel argument commercial
Autre évolution notable : l'exigence de traçabilité éthique des matériaux précieux. Une part croissante des acheteurs français veut connaître l'origine de l'or ou des pierres avant d'acheter, une attente à laquelle répondent de plus en plus de maisons en communiquant sur leurs filières d'approvisionnement. L'essor de la personnalisation va dans le même sens : pièces uniques, gravures, créations sur-mesure séduisent une clientèle en quête de sens plus que d'accumulation.
Le segment horloger suit une trajectoire plus contrastée. Si la haute horlogerie continue de progresser à l'export, les montres connectées voient leurs ventes ralentir, tandis que les collaborations entre marques historiques, comme celle récemment dévoilée entre Swatch et Audemars Piguet, montrent la volonté du secteur de toucher un public plus large sans renoncer à son image premium.
Ce qu'il faut retenir
- La bijouterie-joaillerie française dépasse ses niveaux d'avant-2020, portée par l'export.
- Les ventes de bijoux progressent nettement plus vite que celles de l'habillement.
- L'or jaune et les pierres colorées dominent les tendances de la saison.
- La traçabilité des matériaux devient un argument de vente à part entière.
- Les montres connectées ralentissent, contrairement à la haute horlogerie.
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Questions fréquentes
Pourquoi le marché du bijou résiste-t-il mieux que le prêt-à-porter ?
Les bijoux sont perçus à la fois comme un objet de style et une valeur refuge, notamment lorsqu'ils contiennent de l'or, ce qui soutient la demande même en période de pouvoir d'achat contraint.
Quelles sont les tendances bijoux dominantes de la saison ?
Les designs minimalistes à pierre unique, le retour des broches et bijoux anciens, ainsi que l'or jaune et les pierres colorées comme l'émeraude ou le saphir, dominent les collections actuelles.
Pourquoi la traçabilité des bijoux devient-elle importante ?
Les acheteurs souhaitent de plus en plus connaître l'origine de l'or et des pierres précieuses qu'ils achètent, ce qui pousse les maisons à communiquer davantage sur leurs filières d'approvisionnement.
Sources
- Journal du Luxe – Horlogerie-joaillerie : l'export et le premium soutiennent la filière
- Francéclat – Les chiffres clés par l'Observatoire
- Elle Belgique – 2026, l'année des accessoires
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